Pour un Cameroun meilleur !

Ce n’est pas un simple slogan, mais le son du tocsin, cette sonnerie répétée et prolongée qui nous invite à un nouveau départ. C’est ce cri de cœur qui, comme un boulet s’arrache du fond d’un être meurtri et qui remue les cœurs attendris de tous les patriotes. C’est la trompette de Josué qui sonne de Jéricho et qui nous invite tous, avec nos trompettes, pour renverser les murs de l’intolérance, de la violence, de la haine, de l’égoïsme, de l’hypocrisie, du double jeu, du double langage, de la division et de la guerre afin de rebâtir cet Eldorado que l’avenir nous miroite et que nous appelons de tous nos vœux !

C’est ce cri de guerre dont les armes ne sont que la non-violence, l’union, et ce souffle divin qui arrache de nos trompettes la douce harmonie des lendemains qui chantent et dont les munitions sont nos bulletins de vote, notre engagement, notre audace et notre amour ineffable pour ce pays nôtre. C’est l’appel d’un pompier au secours de ce pays en flammes, embrasé par un dragon cynique au symbole de flammes ardent qui, dans sa politique de la terre brûlée, brûle tout depuis des décennies : les marchés, les bureaux des ministères, les caisses de l’Etat et surtout, les liens qui nous unissent et tout ce que nous avons de plus cher et de plus noble au monde : la paix !

C’est un cri qui vient de loin, du lointain et même d’outre-tombe ; un cri ragaillardi par celui de ceux qui, payant de leurs vies sont partis, mais qui sont toujours là, qui nous regardent et qui nous demandent sans cesse : « Qu’avez-vous fait de de ce pays prospère et uni que nous vous avons laissé » ? C’est un cri qui nous pousse à ressentir en nous qui avons trahi cette morsure, cette blessure et cette douleur lancinante qui depuis l’aube des temps consume Caïn et sa descendance quand ils voient cet œil d’une conscience troublée qui dans l’ombre les regarde fixement et quand ils entendent cette voix qui ne cesse de leur demander : Caïn, où est ton frère, qu’as-tu fait de lui ?

Ensemble, ce n’est pas nous mettre côte à côte, comme un agrégat hétéroclite et nous regarder en chiens de faïence : c’est nous serrer les coudes, regarder dans la même direction, avancer vers le même objectif, être tous prêts à donner tout notre souffle, pour gagner ensemble ou Mourir ensemble avec la satisfaction du devoir accompli.

C’est ce cri qui nous rappelle que l’opposition, ce n’est ni un homme, ni une femme, ni un parti politique ou toute autre association, mais tous les citoyens qui ne sont pas d’accord avec la manière dont ils sont traités ni avec celle dont leur pays est géré et qui sont prêts à s’investir, à payer de leur vie, pour que tout change, pour un Cameroun meilleur, au moins pour la postérité.

C’est ce cri de sagesse millénaire qui nous rappelle que malgré tout ce qui peut nous opposer ou nous diviser, nous sommes tous dans le même bateau .

Si nous l’abandonnons aux mains des capitaines incompétents et irresponsables, non seulement nous coulerons tous ensemble mais l’Histoire ne nous pardonnera jamais. Mais si nous les remplaçons et mettons le gouvernail entre des mains expertes, nous arriverons sains et saufs à bon port.

Ensemble pour un Cameroun meilleur, nous n’avons plus de choix !

 

Yaoundé le 04 Juin 2018

Jean Takougang